28. mai, 2015

Le RREGOP un gâchis en raison de négociations bâclées

Le RREGOP existe depuis 1973. Ce régime a donc atteint depuis belle lurette sa maturité et pourtant les 196 453 retraité(e)s de ce régime souvent qualifié(e)s de « gras dur », touchent une rente annuelle moyenne de 16 647 $. Il n'y a donc pas là de quoi pavoiser. Les 65 ans et plus représentent 62 % de tous les retraités du RREGOP, hommes et femmes, et reçoivent une rente annuelle moyenne de 10 791 $. Les 86 440 femmes retraitées représentent 71 % de ce groupe et touchent une rente annuelle moyenne de 9 990 $[1].

Voilà un des résultats d'un régime de 33 ans de désindexation.


La situation du RREGOP ne sera guère mieux à l'avenir, pourquoi? 

  • Le gouvernement ne verse pas sa part à la CDPQ[2] , il se contente d'écritures comptables. Tout comme dans un REER, on ne peut s'attendre à des rendements et une plus-value à son fonds de retraite si on n'y cotise pas.
  • Depuis l'an 2000, on constate que de négociations en négociations des baisses de cotisation sont troquées contre des (prétendues) augmentations de salaire. Comment peut-on anticiper ainsi pour les futurs retraité(e)s [les cotisant(e)s d'aujourd'hui], des rendements et une plus-value à leur fonds de retraite ? Les baisses de cotisations consenties de 2000 à 2013 ont privé le fonds RREGOP de près de 3,78 G$ [3],[4]. Que représenterait ce manque à gagner dans 25 ou 30 ans? On ne peut pas là aussi, s'attendre à des rendements et une plus-value si on ne cotise pas pleinement. On se dit sans doute «Les générations futures se débrouilleront comme elles le pourront»[5]. 
  • Depuis ces 33 ans, les représentants syndicaux du front commun ont-ils réellement  défendu les intérêts de leurs membres : cotisants d'hier et aujourd'hui retraité(e)s ? On peut réellement en douter en voyant le résultat des 33 dernières années[6]  du RREGOP. Leur image corporative et la facilité semblent avoir été et être leur leitmotiv.
  • Savent-ils seulement qu’ils réclament pour eux et elles leur appauvrissement assuré et systématique à la retraite?
  • Savent-ils vraiment que les retraité(e)s de demain seront plus mal pris(es) que nous les retraité(e)s d’aujourd’hui?
  • Si oui, pourquoi n’ont-ils pas le courage de le dire aux employés actifs et d'expliquer ces faits?

Si le passé est garant de l'avenir, cet avenir s'annonce très sombre  pour les retraité(e)s de demain. En effet les années travaillées et cotisées de 1982 à 1999 sont à indexation nulle[7]. Suivent les années à compter de 2000, lesquelles seront indexées à 50% de l'IPC. Les résultats attendus sont évidemment une perte systématique du pouvoir d'achat et un appauvrissement garanti et cela dès la prise de la retraite. 

 
Comment peut-il en être autrement ?


 Gaétan Morneau, retraité

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Sources et notes de bas de page:

[1] Données tirées de l’évaluation actuarielle du RREGOP au 31 décembre 2011 – tableau 4 page 11 (Source : CARRA)

[2] Évaluation actuarielle du RREGOP au 31 décembre 2011 – tableau 4 page 11 (Source : CARRA)

[3] CPDQ :Caisse de dépôt et placement du Québec

[4] G$ = milliard de dollars

[5] Extrait du tableau déposé au Comité consultatif sur les services aux retraités et les enjeux de l’indexation page 78  (en janvier 2012)

[6] Tel était le titre d’un article sur le «Blogue de Louise Chabot» présidente de la CSQ – 23 avril 2015 http://www.louisechabot.ca/2015/04/23/les-generations-futures-se-debrouilleront-comme-elles-le-pourront/

[7] 1982 : Décret (loi 68) réduisant les rentes de retraite (IPC-3%)

[8] Sauf en 2004 ou les retraités ont eu droit à une indexation équivalent à 2,00$ pour chaque 1 000$  de leur rente de retraite. Le sort a voulu que ces 17,5 ans représentent la moitié d’une vie active  de 35 ans de cotisation obligtoire au fonds de retraite.