Saviez-vous que?

Que la désindexation des rentes de retraite des employé(e)s des secteurs public et parapublic a été décrété en 1982 soit depuis 35 ans?

  • Que depuis, ces retraité(e)s s'appauvrissent systématiquement année après année ?
  • Que le front commun syndical n'a demandé aucun changement aux régimes de retraite dans la dernière négociation?
  • Que les 299 290 retraité(e)s touché(e)s par la désindexation (97,9%) touchent une rente annuelle moyenne de 22 667 $
  • Les syndicats du Front commun ont refusé en 2012 la proposition des associations retraités à l'effet que le gouvernement verse sa part de la désindexation. (ref: «Comité sur les services aux retraités et enjeux de l'indexation» (page 77)) Texte intégral de la résolution voir la page      

                                                          RECOMMANDATIONS

 

Le RREGOP : Un fonds d'appauvrissement garanti ?

En cotisant au RREGOP[1] un employé des secteurs public et parapublic est assuré de perdre son pouvoir d'achat lors de la prise de sa retraite. Cela veut dire un appauvrissement systématique, continu et progressif.

Tout comme beaucoup de retraités d'aujourd'hui l’ont été dans le passé, les employés actifs sont peu préoccupés par leur fonds de retraite. Ces derniers font aveuglement confiance à leurs chefs syndicaux. « On verra cela le moment voulu » se disent-ils.

Rappelons-nous que, lors de la création du RREGOP en 1973, les représentants syndicaux recommandaient aux cotisants du RRE[2] et du RRF[3] d'adhérer massivement au RREGOP. La très grande majorité a endossé aveuglément cette recommandation, pourtant dans de nombreux cas ce transfert s'est avéré très négatif. Les avantages du RRE et du RRF étaient nettement supérieurs à ceux du RREGOP.  La surprise a été de taille à la prise de la retraite, mais il était hélas trop tard.

L'employé cotisant aujourd'hui à son fonds de retraite paie pour sa retraite de demain, tout comme le retraité actuel a cotisé dans le passé pour sa retraite d'aujourd'hui. Ces cotisations sont communément appelées  salaire différé. Il est donc faux de prétendre que les employés actifs payent les rentes de retraite des retraités d'aujourd'hui. 

Constitution d'un fonds de retraite

Selon la firme Russell Investments[4] un fonds de retraite se constitue de la

façon suivante:

  • 10 % proviennent des cotisations versées au fonds de retraite durant la période précédant la retraite,

  • 30 % proviennent des rendements et de la plus-value du fonds avant la retraite,

  • 60 % proviennent des rendements et de la plus-value du fonds durant la retraite.

Le point de départ: les cotisations 

Tout comme dans un REER les cotisations sont le point de départ pour s'assurer une retraite convenable. Encore faut-il cotiser régulièrement et pleinement ! C’est essentiel.

Depuis l'an 2000, on constate que de négociations en négociations des baisses de cotisation sont troquées contre des (prétendues) augmentations de salaire. Comment peut-on anticiper des rendements et une plus-value si on ne cotise pas selon les constats tels qu'énoncés par la firme Russell. Les représentants syndicaux espèrent-ils ainsi que les actifs de demain paieront effectivement les rentes de retraite des non-cotisants d'aujourd'hui?

Cette vision à court terme des représentants du front commun dans les présentes négociations pourrait-elle être qualifiée «d'art de se tirer dans le pied»?

Qu'on se le dise, le RREGOP dans sa forme actuelle, conduit inévitablement à:

  • une perte du pouvoir d'achat des retraités actuels et futurs,

  • un appauvrissement continu et systématique des cotisants  d'aujourd'hui lors de leur prise de retraite,

  • un appauvrissement garanti et progressif.

     La réalité c'est cela.

GAÉTAN MORNEAU, retraité depuis 1996

[1] RREGOP : Régime de retraite des employés du gouvernement et des organismes publics

[2] RRE: Régime de retraite des enseignants

[3] RRF Régime de retraite des fonctionnaires

[4] Russell Investments: Cette société d’investissement propose ses services à une clientèle de particuliers, d’institutionnels et de conseillers dans plus de 40 pays. Elle est spécialisée, notamment dans les plans de retraite, la gestion d’actifs pour institutionnels.