RECONNAISSANCE À ÉLARGIR

RECONNAISSANCE À ÉLARGIR

La Coalition Avenir Québec (CAQ) avait comme promesse, lors de sa campagne électorale, d’offrir un meilleur salaire aux enseignants.

Selon les récentes négociations, la CAQ respecte cet engagement. Nous saluons cette réjouissante situation qui a pour effet de valoriser la profession enseignante.

Il va de soi que pour le gouvernement de la CAQ, c’est reconnaître du même coup que les ex-enseignants ont reçu un salaire trop peu élevé, que l’on peut même qualifier de déficient.

Premier rappel au gouvernement.

Ce modeste salaire est celui qui a été utilisé pour calculer la rente de retraite des retraités de l’éducation. De plus, ce calcul a été fait cinq, dix, vingt ans passés. Une mise à jour ne s’impose-t-elle pas ?

Deuxième rappel, car cet appauvrissement progressif est connu.

À ce déficit, ajoutons qu’une bonne partie de cette rente, dite salaire différé, reste la même à chaque année, en raison de la désindexation à l’IPC1-3 % pour les années 1982 à 1999.

Nous voilà en mesure de constater l’ampleur du manque de considération (j’évite de dire dépréciation) envers ces retraités qui ont bâti la profession enseignante à coups de privation, de labeur, de don de soi. Une vocation quoi !

Troisième rappel

La cerise sur ce gâteau au goût acre : cette perte du pouvoir d’achat n’a jamais été stoppée. Les gouvernements qui se sont succédé depuis 1982 ont choisi de laisser ces pertes se poursuivre sans même se soucier de leurs effets pervers.

IPC à 1 % = perte de 1 %; IPC à 2,2 % = perte de 2,2 %; IPC à 3,4 % = perte de 3 % et ainsi de suite. C’est parfois confortable l’oubli, mais les retraités se souviennent.

C’est ici que se dessine pour le gouvernement un devoir de reconnaissance élargi par un regard lucide sur le passé et l’actualisation du présent.

Dernier rappel 

Une injustice n’a pas de date de péremption.

1 Indice des prix à la consommation

 

Aline Couillard, retraitée de l’État